300 jours de détention pour Fariba Adelkhah

Nous sommes confinés depuis 20 jours. Fariba Adelkhah, chercheuse au Centre de recherches internationales de Sciences Po Paris, est en prison depuis 300 jours en Iran. En affichant son visage sur le site des institutions universitaires et des équipes de recherche d’Europe et d’ailleurs, nous voulons manifester le soutien de la communauté scientifique et inciter le gouvernement à tout mettre en œuvre pour sa libération.

Fariba est en danger. Nous devons agir d’urgence pour elle.

©Stéphanie Samper

AAC : Construction d’un “soi socialiste”? Le rôle des sciences “psy” dans les Etats communistes du bloc de l’est (1948-1989)

Journée d’étude internationale

Lieu : Prague
Date : 6 novembre 2020
Date-limite d’envoi des candidatures : 30 juin 2020
Contact : jakub.strelec@fsv.cuni.cz
Organisateurs : CEFRES, Institut d’histoire contemporaine de l’Académie tchèque des sciences, Collegium Carolinum de Prague

Jusqu’à très récemment, l’histoire des sciences « psy » sous les régimes communistes de l’ancien bloc de l’Est, a été soit négligée, soit considérée comme étant un simple reflet des politiques soviétiques mises en place pour propager la  pensée du matérialisme dialectique, et les enseignements d’I.P. Pavlov. Cependant ces dernières années la situation a largement évoluée : l’histoire des sciences « psy » dans l’Europe communiste est devenu un champ de recherche actif et en constante évolution, couvrant une variété de sujets allant de l’histoire transnationale de la psychiatrie, à l’histoire du contrôle social et de la criminalité. Dans le sillage de la recherche post-foucaldienne, plusieurs historiens et autres universitaires ont commencé à s’intéresser aux relations entre les sciences « psy » et ‘l’art de gouverner’ propre au communisme. A ainsi commencé à être révélé le rôle des sciences « psy » dans les dictatures communistes, au sein d’un système plus large encore de biopolitiques et de ‘technologies de soi’. En outre, tirant son inspiration des ‘études en science et en technologie’, beaucoup de ces travaux ont pour objectif d’analyser le savoir et les pratiques des sciences « psy » dans leur relation avec des réseaux complexes d’acteurs et d’objets.

Donnant suite à ces récentes perspectives, cette journée d’étude souhaite réunir des chercheurs dont les travaux sont consacrés à l’histoire des sciences « psy » dans l’Europe communiste. Le premier objectif est de soumettre à la discussion les approches, les sujets, et les thèmes des recherches en cours concernant le rôle des sciences « psy » dans les États communistes de l’ancien bloc de l’Est. Le second sera de baliser les problèmes et les questions dont devront se saisir ces recherches à l’avenir.

Nous sommes intéressés par toutes propositions traitant de l’histoire des sciences « psy » dans l’Europe communiste, issues d’approches méthodologiques plurielles ; néanmoins nous souhaitons tout particulièrement nous centrer sur les questionnements et aspects suivants :  

Les sciences « psy » entre l’Est et l’Ouest : circulations des idées et des pratiques

  • Comment les experts de ces sciences en Europe de l’Est produisaient-ils savoirs et pratiques ?
  • Les experts des sciences « psy » prenaient-ils part à des discussions avec leurs confrères d’autres parties de l’Europe, ou travaillaient-ils de manière autonome ?
  • Les experts d’Europe de l’Est étaient-ils plus influencés par leurs traditions scientifiques nationales, ou par des tendances et pratiques globalisées ?
  • Y avait-il un forum afin d’échanger les idées et les théories ?
  • Quel rôle ont eu les conférences internationales dans la construction des savoirs de ces experts ?

Création d’un ‘soi socialiste’ : sciences « psy », identité et politique

  • Comment les savoirs et pratiques des sciences « psy » ont-ils construit le ‘soi’ du peuple sous les régimes communistes ?
  • Comment le concept de ‘personnalité socialiste’ a t’il été bâti et comment fonctionnait-il (par exemple dans les établissements psychiatriques, à l’école ou à l’armée) ?
  • Le discours des sciences « psy » était-il plutôt assujettissant ou valorisant ?
  • Quelles types de ‘techniques du ‘soi’ les sciences « psy » créaient-elles, et dans quelle mesure les individus les intériorisaient-ils ?
  • Comment les sciences « psy » ont t’elles façonnées ‘l’art de gouverner’ communiste ?

Réguler la société communiste : les sciences « psy », la sécurité et le contrôle social

  • Quel type de comportement était perçu comme ‘anormal’ ou ‘antisocial’, et comment était-il traité par les experts « psy » et l’État ?
  • Comment les savoirs et pratiques des sciences « psy » influençaient-ils la criminologie et la pénologie socialiste ?
  • Comment la ‘médicalisation’ du crime a-t-elle été intégrée dans le système criminel socialiste ?
  • Dans quelle mesure les sciences « psy » ont-t-elles été mêlées aux campagnes de santé publique menées par l’État socialiste ?

Nous accueillons des contributions à différents stades de recherche (ébauche, présentation d’un article ou travail achevé). Veuillez s’il vous plaît, nous envoyer une courte biographie (env. 150 mots) et un résumé de votre papier (pour une intervention de 20 minutes) avant le 30 juin 2020. La journée d’étude sera tenue en anglais.

Les coûts de déplacement et d’hébergement peuvent être assurés aux participants n’ayant pas la possibilité d’être remboursés par leurs institutions.

Organisation: Jakub Střelec (FSV UK / CEFRES)

Comité scientifique
  • Jérôme Heurtaux (directeur du CEFRES)
  • Adéla Gjuričová (ÚSD AV ČR)
  • Johannes Gleixner (Collegium Carolinum, Prague)

AAC : Prix spécial Plateforme CEFRES 2020

pour le Meilleur Article (publié en anglais ou en français) en sciences sociales et humaines dans le cadre du Prix Jacques Derrida 2020

Date limite des candidatures : 26 avril 2020
Montant du prix : 213 CZK (i.e. 9 261 CZK)
Cérémonie de remise officielle : 24 juin 2020
Langue de la candidature : anglais

Ce Prix spécial fait partie du Prix Jacques Derrida mis en place par M. Karel Janeček et l’Ambassade de France en République tchèque destiné à récompenser les travaux de doctorants tchèques en sciences humaines et sociales pour les travaux de recherche réalisés au cours de leur doctorat.

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Approche interdisciplinaire sur la littérature de science-fiction

Andrew Lincoln Nelson, “Plantimal 4”, 2016

Horaire et lieu : tous les jeudi à 9h10, salle C17, département de sociologie de l’Université Charles (Celetná 13, Praha 1)
Enseignant : Julien Wacquez (CEFRES / EHESS, Paris)
Langue : anglais

Au cours des dernières décennies, les spécialistes de sciences humaines et sociales ont manifesté un intérêt grandissant pour la littérature de science-fiction. Contrairement à la plupart des études d’ensemble sur cette littérature, nous envisagerons dans ce cours la science-fiction non pas seulement comme un objet d’investigation (est-il possible d’englober l’immense diversité des fictions publiées sous la dénomination ‘science-fiction’ dans sa totalité ? Peut-on la considérer uniquement en tant que “littérature”, ou devons-nous aussi l’envisager comme une “culture”, voire un “mouvement social” ? Quelle est sa relation à la science ?) , mais aussi comme un domaine avec lequel nous pouvons penser, un outil permettant de créer de nouveaux concepts, afin de mieux comprendre notre réalité.

Tout au long de ce semestre, et à travers le prisme de la littérature de science-fiction, nous explorerons un vaste ensemble de thèmes actuels et décisifs, sur lesquels travaille un large pan de la recherche en sciences humaines et en sciences sociales tels que : l’anthropocène, le féminisme, le post-humanisme, le postcolonialisme, la science, la technologie.

Pour chaque cours, deux sortes de textes sont à lire: 1) une étude par un.e universitaire (ou deux) utilisant la narration issue de la science-fiction dans son approche théorique, et 2) un roman de science-fiction permettant de penser un thème donné (les animaux, les dynamiques de genre, le changement climatique, etc.). Nous examinerons comment ces universitaires envisagent ces fictions et quelle place, ou fonction, elles et ils accordent à celles-ci dans leurs travaux. Cette approche nous permettra d’envisager deux axes de réflexion:

(i) Que pouvons-nous tirer de la littérature de science-fiction à travers son utilisation par des universitaires venant de diverses disciplines ?
(ii) Que pouvons-nous apprendre au sujet des recherches scientifiques de cette manière de lire la littérature de science-fiction? Quel intérêt à lire de la science fiction en tant que chercheur travaillant sur l’anthropocène, le féminisme, le postcolonialisme ?

Considérant que l’un des objectifs de ce cours est également de présenter la science fiction à des étudiant.es n’étant pas familier.es de ce genre narratif, nous nous concentrerons en grande partie sur des oeuvres classiques et auteurs célèbres (Karel Čapek, Philip K. Dick, William Gibson, Ursula K. Le Guin, Olaf Stapledon, H. G. Wells), tirés de différents sous-genres (hard science-fiction, cyberpunk, space opera, climate fiction), du XIXe siècle à aujourd’hui. Ce cours a également pour but de fournir aux étudiant.es en sciences humaines et sociales les outils nécessaires afin qu’elles et ils puissent entreprendre leurs propres recherches en science fiction.

Validation:

– Participation aux cours (20 % de la note finale). Les étudiants sont fortement encouragés à assister à toutes les séances.
– Chaque étudiant devra proposer une courte présentation des lectures demandées (10 minutes). Les présentations doivent contenir un résumé des textes, appuyé par une analyse critique. (35 % de la note finale)
– Un devoir écrit de fin de semestre. (50 % de la note finale)

French Research Center in Humanities and Social Sciences – Prague